Il est essentiel de se familiariser avec le marché du livre chinois pour être en mesure d’atteindre ses lecteurs, mais comment s’y prendre concrètement pour exporter ses livres vers ce marché ? Robert E. Baensch et Xiaojuan Jiang vous révèlent de précieux renseignements, issus de leur rapport Selling Canadian Books and Translation Rights in China, qui vous permettront de mieux comprendre la logistique entourant l’exportation de vos livres dans ce pays.
Le State Administration of Press, Publication, Radio, Film and Television (SAPPRFT) rapporte qu’en 2014, la Chine a importé pour 283,8 millions de dollars américains de livres, de magazines et de journaux. En 2013, ce montant était de 280,5 millions de dollars américains, ce qui veut dire que les importations totales ont augmenté de 1,2 % en un an.
À noter un facteur déterminant et propre à la Chine : toutes les publications à destination des grossistes, des distributeurs, des détaillants, des bibliothèques, des écoles et des consommateurs chinois doivent passer par des importateurs de livres autorisés par le SAPPRFT ou appartenant à l’État. En 1985, on recensait un seul organisme officiel de la sorte, soit la China National Publications Import and Export Corporation (CNPIEC). Aujourd’hui, on retrouve 38 entreprises officielles d’importation‑exportation approuvées et autorisées par le SAPPRFT. Neuf de ces entreprises seulement se partagent la plus grande part de marché, tandis qu’elles ne sont que sept à détenir une licence pour importer et gérer les services en lien avec le numérique, les livres numériques ou l’information en ligne.
Il est important de se rappeler que ces entreprises ne constituent pas ce que nous appelons traditionnellement les expéditeurs transitaires et les agences de dédouanement en commerce international dans le monde occidental. Il s’agit plutôt d’unités commerciales qui passent des commandes, qui génèrent un volume de ventes, qui créent des catalogues exclusifs et qui détiennent les droits exclusifs d’importation de produits et de publications qu’ils vendent en réalisant un bénéfice. Ils travaillent de façon très compétitive, présentent des propositions aux bibliothèques et aux principales librairies, et visent à devenir une source exclusive d’approvisionnement en publications de langue étrangère.
Seules sept de ces entreprises peuvent importer des périodiques et des journaux, et sont autorisées à importer des publications numériques, des livres numériques et des services d’information électroniques et de bases de données. La CNPIEC représente toujours la plus grande agence grâce à des succursales situées dans six grandes villes de Chine, dont Shanghai, Xi’an et Guangzhou, qui lui permettent de distribuer les livres, les magazines et les journaux rapidement partout dans le pays. Cette entreprise emploie plus de 2 400 personnes dans le monde, et son volume de ventes annuel était estimé à plus de 500 millions de dollars américains en 2014. Elle a obtenu une licence exclusive pour importer des journaux, lui permettant de maintenir un bureau au New Jersey et, par conséquent, d’effectuer des livraisons rapides par avion. La CNPIEC a également des bureaux à Londres, à Francfort, à Moscou, à Tokyo et à Singapour. Sa présence à Singapour est importante, car, comme mentionné précédemment, les dix plus grands éditeurs internationaux qui possèdent des bureaux de vente à Beijing ont également leur filiale de traitement de commandes à Singapour. La CNPIEC crée des catalogues par sujet et par catégorie commerciale, en format imprimé et numérique, pour les distribuer aux librairies, aux bibliothèques et aux institutions. Ces catalogues permettent les commandes directes par l’entremise d’échange de données informatisées grâce à l’utilisation de codes-barres.
La majorité des importations sont traitées par les huit plus gros acteurs, situés à Beijing et à Shanghai. Fort d’un effectif assez nombreux pour se consacrer à un large éventail de titres provenant du monde occidental, ces entreprises sont particulièrement qualifiées pour comprendre et accompagner les éditeurs canadiens.
La plupart de ces organismes importent un large éventail de livres, à l’exception de trois d’entre eux dont les spécialisations sont précisées dans leur dénomination sociale. Il est important de noter que les livres en provenance de Hong Kong, Taiwan ou Macao sont considérés comme des importations, bien que les agents de vente ou les représentants puissent être basés dans ces trois endroits. Un habitant de la Chine continentale résidant à Beijing doit obtenir un visa de voyage pour se rendre à Hong Kong.
2016-12-06 | Export, Guides de marché
