Aujourd’hui marque le début de notre série d’articles sur le marché du livre mexicain. En 2016, nous avons publié un nouveau guide de marché intitulé Selling Canadian Books in Mexico, rédigé par Javier Celaya de Dosdoce.com et René López-Villamar de LibrosMexico.mx. Au cours des prochaines semaines, nous présenterons des extraits de ce rapport et nous vous transmettrons des conseils d’experts sur le marché du livre mexicain. Commençons par un aperçu de la situation de l’édition à l’heure actuelle.
L’espagnol est la troisième langue la plus parlée dans le monde après l’anglais et le chinois, et le potentiel de revenus d’un marché composé de 550 millions de personnes qui parlent espagnol sur tous les continents ne doit pas être négligé par l’industrie de l’édition. Le Mexique, qui compte plus de 120 millions d’hispanophones, représente le plus important marché de langue espagnole au monde. Les États-Unis arrivent en deuxième position, le dernier recensement comptabilisant plus de 57 millions de personnes d’origine hispanique ou latine qui parlent régulièrement l’espagnol à la maison. L’Espagne arrive au troisième rang avec plus de 45 millions d’hispanophones. Il n’est toujours pas possible de parler d’un marché espagnol unique du point de vue du numérique, chacun de ces marchés avançant à son propre rythme et ayant ses particularités propres, mais il existe des tendances numériques communes à l’ensemble des marchés espagnols qui devraient être analysées pour déterminer quelles sont les meilleures occasions d’affaires au sein de chacun des marchés.
Après de nombreuses années d’incertitude, on commence à faire preuve d’un optimisme prudent quant aux perspectives du marché du livre mexicain. Le nombre de points de vente de livres est en hausse après avoir diminué pendant des années, notamment en ce qui concerne les librairies et les grands magasins. Bien que le chiffre d’affaires annuel de l’industrie, estimé à 10 889 836 226 pesos ou environ 670 millions de dollars américains par le National Chamber for the Mexican Publishing Industry (CANIEM), ne semble pas avoir augmenté de façon considérable, sa stabilité relative sur fond de crises financières récurrentes aux niveaux mondial et régional indique une augmentation du nombre de lecteurs et d’ouvrages lus dans le pays. Les chiffres dévoilés par l’enquête National Survey of Reading and Writing 2015, commandée par le Conseil national pour la culture et les arts (Conaculta – Consejo Nacional para la Cultura y las Artes) (désormais le Secretaría de Cultura [ministère de la Culture]), sont encourageants : au Mexique, le nombre de livres annuel moyen lu par personne est passé de 2,4 livres en 2006 à 5,3 livres en 2015, mais la découverte la plus pertinente du sondage est sans doute que, lorsqu’on demande aux Mexicains leur principale motivation de lecture, on s’aperçoit que la lecture dite « de loisir » occupe une plus grande importance que la lecture « d’enrichissement pédagogique ».
Cette évolution du marché est attribuable à la création de nouveaux points de vente et à la mise en œuvre à tous les paliers gouvernementaux et dans le secteur privé de programmes qui encouragent la lecture et l’alphabétisation. Ces programmes sont soutenus par la Loi sur la promotion de la lecture et du livre adoptée en 2008, même si le prix des livres a augmenté de 8 % chaque année.
Alors que le gouvernement demeure le principal imprimeur, distributeur et acheteur de livres imprimés et numériques au pays, avec une part de marché de 60 %, un autre signe encourageant est que ce pourcentage va diminuer lentement chaque année pour laisser sa place au marché libre. Selon le Bookwire Spanish and Portuguese Digital Markets Report, tous les gouvernements d’Amérique latine continueront à jouer un rôle important en favorisant la création de contenu numérique et la demande pour ce type de contenu. Les données révèlent qu’il existe un lien direct entre la lecture et le niveau de développement économique et social. Grâce à l’émergence de l’ère numérique, les gouvernements et les éditeurs se retrouvent devant une occasion nouvelle de voir augmenter le nombre de lecteurs dans cette région. En offrant un accès gratuit aux ouvrages numériques partout en Amérique latine, le prêt d’ouvrages numériques dans les bibliothèques sera un élément essentiel pour arriver à augmenter le nombre de lecteurs.
Ces signes de croissance positive ont entraîné de grands groupes d’éditeurs multinationaux, ainsi que des éditeurs européens de taille moyenne et indépendants, particulièrement ceux d’Espagne et des États-Unis, à se concentrer sur le Mexique. Perçu comme une porte d’entrée sur l’Amérique latine, le marché mexicain pourrait bientôt, au cours des dix prochaines années, devenir le chef de file régional en ce qui concerne la production, la distribution et la commercialisation tant des livres imprimés que des livres numériques. Lors d’une récente entrevue pour Publishing Perspectives, l’éditeur Turner situé à Mexico a fait référence au pays comme étant le nouvel « El Dorado » pour les éditeurs espagnols qui cherchent à augmenter leurs ventes ou qui veulent simplement survivre à la crise qui sévit dans leur pays. Ricardo Nudelman, récemment nommé représentant mexicain pour la prestigieuse maison d’édition Anagrama, a réussi à superviser la « croissance et l’expansion [d’Anagrama] au Mexique et dans le reste de l’Amérique ».
Une des raisons qui explique cette perspective optimiste est le fait que les statistiques sur les habitudes de lecture et les ventes de livres sont plus prometteuses en raison d’une modification de la composition du pays. Depuis toujours, au Mexique, on observe un lien entre les secteurs de l’éducation, le pouvoir d’achat et les habitudes de lecture. De 2013 à 2014, plus d’un million de jeunes Mexicains ont obtenu un diplôme d’enseignement supérieur, un chiffre qui continue de s’accroître d’année en année. Ces jeunes professionnels cherchent de nouvelles solutions de rechange aux loisirs et à l’enseignement afin de poursuivre leur apprentissage, et, en règle générale, cela comprend la lecture de livres et de magazines, que ce soit en version imprimée ou numérique.
Revenez nous rendre visite la semaine prochaine pour obtenir d’autres renseignements sur l’exportation de vos livres au Mexique. Impatients d’en savoir plus ? Téléchargez le rapport complet dès maintenant !
2017-01-24 | Droits, Export, Guides de marché, Marketing
