En janvier 2015, nous avons assisté au colloque mondial sur le livre numérique à New York. Ce colloque, qui s’avère être l’un de nos préférés, réunit des leaders d’opinion et des pionniers de l’industrie, ainsi que des éditeurs du monde entier. Nous avons résumé ci-dessous les enseignements que nous avons tirés de ce colloque ainsi que les principales tendances et possibilités qui s’ouvrent aux éditeurs canadiens.
Êtes-vous maître de votre relation client?
La même question a été posée à maintes reprises tout au long du colloque : qui est maître de votre relation client? Si ce n’est pas vous, alors il est temps de commencer à bâtir une relation avec vos clients dans tout ce que vous faites. Bien que la gestion de la relation client dans toute sa complexité peut s’avérer extrêmement prenante et lourde, David Nussbaum, président-directeur général de F+W, suggère de commencer simplement en discutant avec un client ou en réglant un problème. Les éditeurs peuvent adopter la philosophie « D2C » (Direct to Consumer), qui consiste à s’adresser directement au consommateur, même s’ils ne sont pas prêts à vendre directement aux consommateurs, et ce en conduisant des sondages de prix, en interprétant les données sur les consommateurs et en misant sur l’intégration verticale pour améliorer la relation client.
Marketing de contenu
Lors d’une des meilleures allocutions de la journée, Joe Pulizzi, fondateur du Content Marketing Institute, a parlé du marketing de contenu, qu’il décrit comme la création et la diffusion de contenu gratuit à valeur ajoutée pour attirer et convertir des clients potentiels en clients. Dans ce type de marketing, le contenu que vous offrez est étroitement lié à ce que vous vendez. Le marketing de contenu repose sur le recrutement d’abonnés à chaque étape de la création et du processus de commercialisation. Joe Pulizzi propose quelques étapes simples pour se lancer dans le marketing de contenu :
- Jetez un coup d’œil à vos concurrents sur le plan du contenu : découvrez où se cachent vos concurrents et déterminez de quelle façon vous pourriez rendre votre contenu meilleur que le leur. Utilisez Google Trends pour connaître les termes les plus utilisés dans les recherches afin de les intégrer dans votre stratégie de mots clés.
- Élaborez une stratégie de marketing de contenu en lien avec le livre commercialisé : sept mois avant la parution d’un livre, rédigez un article à son sujet ou publiez un chapitre extrait de ce livre de façon à commencer à bâtir votre audience. Publiez l’article sur votre propre plateforme ou encore transformez-le en une présentation que vous distribuerez sur SlideShare. Convertissez l’article en fichier balado, publiez-le sur LinkedIn et utilisez‑le à nouveau sous des titres et des angles différents dans une perspective de repositionnement. Vous pourriez même présenter un webinaire sur le sujet.
- Offrez des mesures incitatives aux abonnés éventuels pour qu’ils s’inscrivent : une infolettre électronique, un guide gratuit, des éditions spéciales réservées aux abonnés. Peu importe le moyen, vous devez donner à votre audience une raison de s’inscrire. Joe Pulizzi préconise l’affichage de fenêtres sous forme de pop-up ou de popover pour générer des inscriptions (mais de ne les afficher qu’une seule fois tous les 60 jours pour que les abonnés éventuels ne se sentent pas bombardés). De plus, il recommande fortement l’utilisation de SlideShare qui se classe au deuxième rang de ses générateurs de pistes de clients après les pop-ups et les popovers.
- Besoin d’un coup de pouce? Captez une audience! Repérez qui sont les principales personnes d’influence dans votre communauté et où votre public passe son temps (sur Twitter? Reddit? Une plateforme ou un blogue précis?). Utilisez des outils tels que Little Bird, Trackur et Klout pour trouver les personnes d’influence par sujet. Une fois que vous aurez dressé une liste de ces personnes d’influence, utilisez la règle du 4-1-1 sur Twitter pendant quelques mois afin que ces personnes apprennent à vous connaître.
Si vous désirez en apprendre plus sur le marketing de contenu, consultez le livre de Joe Pulizzi The Content Marketing Playbook (en anglais seulement).
Les regards se tournent vers les marchés étrangers
Une tendance notable : les colloques des six derniers mois ont tous souligné les possibilités offertes par l’élaboration d’une stratégie de commercialisation mondiale, par la vente de droits et par les exportations. Des thèmes qui nous sont familiers, n’est-ce pas? Dans l’après-midi de la deuxième journée, deux séances complètes ont été consacrées à l’édition et aux marchés internationaux. Voici quelques-uns des principaux points abordés au cours de ces séances :
- Ingram vend dans 197 pays différents et travaille souvent avec des tierces parties locales. Marcus Woodburn, qui travaille chez Ingram, mentionne qu’il est important pour les éditeurs de faire très attention à la distinction entre les droits territoriaux et les droits linguistiques. Concentrez-vous sur ce que vous avez et sur ce que vous voulez vendre.
- Google Play Books est présent dans 65 pays et ePubDirect dans 186 pays, et ces deux entreprises ont l’expertise nécessaire pour exporter du contenu anglais en Europe.
- L’établissement des prix de vente est encore difficile : Gareth Cuddy de ePubDirect a indiqué que les éditeurs n’ont pas l’habitude de fixer des prix de vente pour les marchés étrangers. L’utilisation d’un prix unique simplement converti ne répond pas aux besoins et aux attentes du marché local. Il propose aux éditeurs de commencer par trouver le prix moyen de leur genre littéraire sur le marché cible.
- Vous vous demandez de quelle façon démarrer sur un marché? ePubDirect suggère de commencer en misant sur deux ou trois marchés.
- Les participants à la table ronde sur les tactiques de publication à l’international affirment qu’un éditeur peut augmenter ses revenus de 20 à 30 % s’il se penche sérieusement sur les ventes à l’étranger et s’il s’associe aux bons distributeurs.
- Les participants de cette table ronde suggèrent également de traduire les principales métadonnées dans la langue du pays pour faciliter la découverte de leur produit.
- Thema : nous avons déjà présenté Thema sur le blogue de Livres Canada Books et encourageons les éditeurs canadiens à en apprendre davantage à ce sujet. Ingram utilise Thema depuis 18 mois, et Google ainsi que ePubDirect sont également prêts à utiliser vos codes Thema.
- En ce qui concerne les formats, ePub est le format universel en dehors des États-Unis et celui qui s’impose même dans les marchés émergents. Quant au format PDF, il est de moins en moins utilisé dans le monde.
D’énormes gains sont possibles en jouant sur les prix de vente
Lors d’une table ronde sur l’utilisation de prix promotionnels, Rachel Chou de Open Road Integrated Media a insisté sur la différence entre prix promotionnels à l’initiative du détaillant et ceux proposés par les éditeurs. On parle de prix promotionnels à l’initiative du détaillant lorsqu’un détaillant veut mettre en place une promotion autour d’un thème ou d’une idée et se tourne vers les éditeurs pour trouver des titres à intégrer dans cette promotion. La deuxième catégorie de prix promotionnels, elle, correspond aux rabais accordés par les éditeurs aux détaillants pour susciter l’engouement autour d’un titre ou d’un groupe d’ouvrages et générer des ventes.
Chaque jour, quatre millions de lecteurs reçoivent de BookBub un courriel sur les meilleurs rabais (envoyés par les éditeurs). BookBub sélectionne les meilleures promotions en passant en revue les critiques du livre et en déterminant si le rabais représente une bonne aubaine et si le livre correspond à son audience. Les éditeurs paient des frais en contrepartie de la promotion de leurs titres par ce canal.
À la question « avec quels livres les rabais fonctionnent-ils le mieux? », les participants de la table ronde sur les prix promotionnels ont répondu en faisant les suggestions suivantes :
- Les livres qui font partie d’une collection : appliquez une promotion au premier livre de la collection pour augmenter le potentiel de ventes des autres livres de la collection (assurez-vous que les métadonnées liées aux collections sont fournies dans ONIX de manière à ce que les détaillants sachent faire le lien entre les titres).
- Livres de fonds : la promotion relance le livre, et il y a de bonnes chances que celui-ci continue à se vendre même lorsqu’il sera revenu à son prix régulier. Les promotions de fonds d’édition fonctionnent bien également lorsqu’un auteur sort un nouveau livre.
D’un autre côté, les livres sur les affaires semblent être moins sensibles aux variations de leur prix de vente et ne sont donc pas nécessairement la catégorie de livres à privilégier pour l’application de rabai
2015-02-11 | Événements, Numérique
